Etat de grâce : ces jours où tout réussit…

Etat de grâce : ces jours où tout réussit…

Pic de performance, état de grâce, état psychologique optimal, ou encore flow, plus à la mode, sont autant de notions se rapportant au plaisir vécu par le sportif lors de la réalisation d’une performance. Ce phénomène particulier est décrit par les psychologues et les athlètes euxmêmes comme une expérience positive liée à un niveau d’activation optimal (du corps et de l’esprit) tout en étant complètement ouvert à la situation. Comment le flow surgit-il ?

Une présence totale à la situation

Lorsque le sportif entre en état de flow, ses perceptions s’unissent vers des sensations d’immersion complète et de présence totale à tout ce qui se passe. Cette réception quasi « intuitive » de toutes les informations environnantes provoque chez l’athlète la sensation d’une perte de conscience de soi. Le corps et la conscience s’unissent, il n’y a plus de sensation d’effort, tout devient fluide, automatique, évident. Mouvements et pensées ne font plus qu’un. Le temps est suspendu ! Il se fait plus lent dans les activités explosives (sprint, combat, etc.) et il se fait plus rapide dans les activités d’endurance (marathon, etc.).  

 

Le soi et le défi : un juste équilibre  

C’est dans léquilibre perçu entre les compétences de l’athlète et le challenge que se niche le déclenchement du flow. Spécifiquement, lorsque le sportif se perçoit comme parfaitement compétent face au défi qu’il doit relever, et que ce défi est suffisamment élevé pour engendrer une bonne dose de motivation, le flow peut apparaître. Si le défi est trop fort, pas de flow possible. Inversement, si le défi est trop faible, pas de flow non plus.

 

Le flow réservé aux athlètes de haut niveau ? 

Non ! Le flow peut être ressenti par des sportifs dont le niveau de maitrise de l’activité est suffisant. Comme nous l’avons vu, cela dépend de l’équilibre entre sentiment de compétence et défi de l’activité. C‘est dans la présence totale à l’activité que le flow émerge. Cependant, ce qui apparaît chez tous les athlètes, c’est le caractère irrégulier, ponctuel, de courte durée, sans possibilité pour le provoquer. Aussi, le flow devient un enjeu de préparation à la compétition car il permet aux athlètes de mieux performer. Mais le phénomène reste encore difficile à appréhender !

 

A retenir

  • Le flow est une expérience émotionnelle positive permettant d’effectuer de meilleures performances.
  • Le flow peut apparaître lorsqu’il  y a un équilibre entre le défi et la perceptions que l’athlète a de ses compétences.   
  • Ce n’est pas une expérience réservée aux athlètes de haut niveau, mais d’un niveau de maitrise suffisant.  
  • Le phénomène reste encore peu connu, et son déclenchement irrégulier et difficilement contrôlable. 

Retrouvez l’ensemble de notre dossier spécial Sport & Performance !

 

Bibliographie

  • Csiksentmihalyi, M. (1997). Flow : The Psychology of Happiness. London : Rieder.
  • Demontrond, P., Gaudreau, P. (2008). Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport », Staps, 79, 9-21.
  • Jackson, S. A., Csikszentmihalyi, M. (1999). Flow in sports : The keys to optimal experiences and performances. Champaign : Human Kinetics.  

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