Le Manager et la confiance

Le Manager et la confiance

Pour un manager, comme pour chacun d’entre nous, la confiance est essentielle, nul n’en doute… Mais qu’est-ce que c’est, au fond ? De quoi est faite la confiance ? Comment la créer ? Quel lien y a-t-il ainsi entre confiance et management ? Et comment un manager peut-il susciter la confiance chez ses collaborateurs ? Autant de questions clés auxquelles a répondu pour nous Charles Pépin, HEC, Sciences-Po, écrivain et philosophe, auteur de La confiance en soi, une philosophie, aux Editions Allary.

Imaginez une petite fille sur un vélo…

Son père la met sur le vélo, il l’accompagne, il la tient, il l’encourage, avant de la lâcher doucement. Mais elle ne s’en aperçoit pas tout de suite. Elle pédale, elle avance, concentrée sur son apprentissage. Puis, à un moment donné, elle réalise pourtant qu’elle y arrive seule, qu’elle sait faire, qu’elle pédale désormais sans aide. Elle a acquis une compétence. Et surtout… elle en est profondément joyeuse !

La confiance est ainsi d’abord confiance
en l’autre.

La petite fille a d’abord confiance en son père, en sa capacité à la protéger, à l’instruire. Cependant, dès lors qu’elle pédale seule et qu’elle prend ainsi conscience qu’elle en est capable, elle gagne aussi une autre confiance, une confiance « technique » dans sa capacité à faire. Mais sa joie appartient encore à une autre dimension, une dimension de confiance dans la vie même, dans l’univers, elle se sent alors vivante et portée. Et les trois dimensions au fond sont indissociables.

La technique seule ne suffit pas. On peut être objectivement très compétent, et ne se faire aucune confiance. La relation seule ne suffit pas non plus. Sinon quelle autonomie pour moi si j’ai toujours besoin de l’autre et de son assentiment ? Et la confiance en la Vie ne saurait suffire non plus, si j’ai besoin d’un savoir-faire précis… La confiance est ainsi toujours par nature multi-dimensionnelle…

Manager, c’est donc faire confiance aussi.

Créer de la confiance chez l’autre, lui permettre de se déployer en confiance, parier sur son autonomie et sa capacité d’apprentissage. Car la confiance n’est pas innée elle n’est pas génétique, sinon – et pour ne citer ici que deux exemples très emblématiques – Madonna ou Mick Jagger, pourtant devenus stars planétaires, n’auraient pas été d’abord… des enfants inhibés ! Or, Madonna raconte bien comment c’est la rencontre à 11 ans avec un éducateur qui l’a mise sur la bonne voie. Parce qu’il a su reconnaître en elle un talent et le lui dire, et l’aider à le reconnaître, pour pouvoir se l’approprier et le développer. Manager c’est donc créer du lien. Mais c’est aussi et surtout aider l’autre, l’autoriser à reconnaître son potentiel et lui permettre de l’exprimer.

« L’action est une occasion de rencontrer la tendresse du monde » nous dit encore Charles Pépin. Car au final, c’est aussi l’action elle-même qui crée la confiance. L’action n’est pas seulement un résultat, mais aussi un chemin. C’est aussi parce qu’on agit, qu’on ose agir malgré la difficulté, qu’on apprend, qu’on progresse et qu’on prend confiance. A ce titre, manager c’est donc aussi créer le cadre favorable. Comme le père de la petite fille quand il choisit un lieu, un moment pour lancer sa fille sur un vélo, le manager crée les conditions nécessaires à la progression de chacun. Pour permettre à ses équipes d’avancer malgré l’incertitude, et de déployer leur potentiel au-delà des doutes et des inhibitions.

 

La compétence ne suffit
pas à faire la confiance.

Les 3 dimensions
de la confiance

Pour Charles Pépin, la confiance est toujours faite de trois dimensions essentielles, ensemble, qui se répondent et se nourrissent l’une de l’autre :

Une dimension relationnelle

Parce que l’être humain est un être de relation, fragile par nature nous disent les psys, profondément angoissé au fond, fondamentalement incertain, qui ne peut avoir confiance en lui s’il n’est pas rassuré, cautionné, sécurisé par l’autre, par le regard de l’autre, par le lien avec l’autre.

Une dimension technique

Parce que j’ai bien sûr besoin de compétences pour affronter de nombreuses situations, a fortiori difficiles ou complexes, et que la conscience de ses compétences contribue à créer une confiance en soi stricto sensu.

Une dimension « mystique »

Parce que j’aurai d’autant plus confiance pour avancer en univers incertain que je me sentirai vivant, porté, que je ferai confiance au monde, à la vie, à la terre, à Dieu, à l’énergie cosmique – quelle que soit la façon dont je me représente la force à l’oeuvre…

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