Orientation professionnelle : faut-il bousculer (un peu) les étudiants ?

Orientation professionnelle : faut-il bousculer (un peu) les étudiants ?

Comment un étudiant en phase d’orientation réagit-il à un feedback ? Quelles postures du professionnel de l’orientation favorisent les changements de comportement et la prise d’initiative individuelle par l’étudiant ? 4 chercheurs ont mené des travaux sur ces questions. Résultat : challenger l’étudiant sans hésiter à lui mettre sous les yeux le décalage entre son propos et les résultats de l’évaluation joue le rôle d’un détonateur. Explications.

 Des étudiants en troisième année de l’école de commerce IPAG ont répondu à un questionnaire d’évaluation sur leur personnalité et leurs comportements. Puis, ils ont échangé avec un professionnel de l’orientation afin de préciser leurs projets. Une étude quantitative et qualitative a alors été conduite pour étudier les postures des professionnels de l’orientation conduisant les étudiants à passer à l’action à la suite de cet échange.


La posture du professionnel de l’orientation est une clé déterminante de l’efficacité du conseil donné

Premier enseignement de l’étude : le cadre déontologique (garantie de confidentialité, formation des professionnels…) est essentiel mais il ne suffit pas à transformer ce temps d’échange en plan d’action concret et efficace. La posture des professionnels de l’orientation est décisive pour que l’étudiant s’approprie les résultats de l’évaluation et s’engage dans des actions concrètes de développement de son projet. Plus le professionnel de l’orientation est perçu comme légitime et crédible, plus l’étudiant est susceptible de passer à l’action à l’issue de l’échange : demande d’aide, recueil d’informations, inscription à des formations, lectures, échange avec des professionnels du secteur visé… La façon dont l’école communique sur le processus d’évaluation au service de l’orientation est également cruciale. L’étudiant sera plus à même de s’approprier le feedback reçu lors de l’entretien de conseil s’il porte un regard positif sur la démarche proposée et sur son interlocuteur.


Challenger les étudiants sur la cohérence de leurs projets provoque une mobilisation proactive

Deuxième enseignement : le fait, pour les professionnels de l’orientation, de « bousculer » les étudiants joue le rôle de détonateur auprès de ces derniers pour changer de comportement et engager des actions de développement. Le temps d’échange permet en effet de confronter ce que l’étudiant pense et dit de lui à ce que les résultats de l’évaluation révèlent. L’étude compare l’impact d’un professionnel qui pose des questions ouvertes (« Quels sont vos projets pour l’année prochaine ? », « Qu’est-ce qui vous motive dans ce secteur » ?…) à celui d’un professionnel qui se positionne comme un guide ou donne des conseils assez directs (« Vous n’êtes pas assez combative, c’est quand même un milieu de requins », « Je pense qu’il faudrait que ce soit assez créatif pour vous »…). Cette deuxième attitude, qui met parfois les étudiants face à leurs contradictions, favorise une meilleure appropriation des résultats et une mobilisation proactive de l’étudiant pour concrétiser ses projets d’orientation.


La réflexion personnelle sur son parcours se nourrit toujours de l’échange avec le professionnel

Si les étudiants réagissent positivement à une posture confrontante du professionnel, cela s’explique notamment par leur attente d’un feedback concret et efficace, immédiatement opérationnel. Des études auprès de publics salariés sur les conditions idéales d’un feedback montrent à l’inverse l’intérêt de poser des questions ouvertes, qui invitent la personne à donner du sens et à se situer dans son parcours professionnel. L’étude réalisée confirme, dans tous les cas, que le temps de l’échange autour des résultats d’une évaluation doit faire l’objet d’une attention particulière des professionnels de l’orientation. La compréhension de soi et les mécanismes de changement chez les évalués sont fortement impactés par les postures et les attitudes déployées.

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La recherche menée par Rodrique Ozenne (Laboratoire CRTD, INETOP-CNAM), Alexandra Didry (PerformanSe), Jean-Sébastien Boudrias (Université de Montréal) et Jean-Luc Bernaud (Laboratoire CRTD, INETOP-CNAM) a porté sur 92 étudiants de l’école de commerce IPAG. Les étudiants ont rempli un questionnaire sur l’impact de l’échange portant sur les résultats de l’évaluation. 23 des entretiens de conseil ont par ailleurs été enregistrés dans leur intégralité puis codés pour repérer l’impact des postures des professionnels de l’orientation sur les actions engagées par les étudiants. Ce temps d’échange proposé aux étudiants en troisième année de l’école de commerce devait notamment les aider à choisir entre plusieurs spécialisations : marketing, finance, logistique et ressources humaines.
L’IPAG Business School est l’héritière d’une histoire prestigieuse. Elle a été fondée par l’académicien Jacques Rueff en 1965. Depuis près de cinquante ans, l’IPAG ne cesse de développer ses programmes et d’étoffer son corps enseignant. L’école délivre un diplôme grade Master reconnu par l’État et son niveau d’excellence en fait une institution incontournable dans le paysage des grandes écoles de management. L’école a mis au point une pédagogie unique qui repose sur l’accompagnement individuel des étudiants, l’approche par compétences et l’insertion professionnelle progressive et continue. Outre son campus parisien, elle s’est développée à Nice et à l’international.

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